Aimer c’est se libérer de la peur

 

L’amour guérit les peurs     

Combien de fois par jour, avons-nous une pensée qui nous ramène à la peur ? Peur d’arriver en retard, de ne pas réussir, de ne pas être capable, d’être malade, de mourir, de perdre l’amour de l’autre. De ne pas trouver une place de parking, de prendre du poids, peur de mal faire, peur d’être trahi, abandonné, humilié…

Toutes sortes de peurs, si insidieuses que nous n’y prêtons pas attention en tant que peurs.

Pareillement à la colère, la peur est mal venue dans notre culture qui nous enjoint de réussir, de s’affirmer, de prendre sa place ou d’être à la hauteur. C’est une ennemie à combattre, à dépasser ou à vaincre alors qu’elle nous parle de nos besoins. La peur est notre garde du corps, aussi lorsque nous combattons notre garde du corps, nous cessons d’être le maître de notre forteresse, car la peur prend le pouvoir et nous paralyse.  

L’émotion de peur devient le cœur de notre identité et réduit notre capacité à vivre pleinement. C’est dans l’enfance que nous avons vécu l’expérience de la peur, qui a façonné nos croyances, notre image de nous-même et notre incapacité à nous sentir en sécurité, à nous sentir aimé face à la désapprobation exprimée par l’adulte qui nous inspirait tant de confiance.

Peut-être avons décidé de nous habiller sans l’aide de personne et connu quelques déboires du fait que nous avons enfilé les vêtements à l’envers. Ou bien, nous avons désiré nous servir un verre de jus fruit afin de faire comme les grands et renversé la bouteille.

A chaque désapprobation, chaque réprimande ou expression d’agacement de notre mère, notre corps a été traversé par la même réaction en chaine de peur. Malgré la souplesse du corps de l’enfant, la répétition des expériences de peur provoque un phénomène de tension chronique. Les épaules se contractent, la tête se projette en avant, le dos se voûte et le thorax se creuse. Ces tensions deviennent une véritable armure figeant le corps et réduisant la respiration.

Nous devenons un paquet de muscles tendus défendant notre existence. Nous ne percevons plus notre armure mais nous la remarquons sur les autres.

Ces contractions physiques permanentes s’accompagnent d’une certaine rigidité mentale, notre esprit est devenu expert dans sa capacité à construire des scénarios catastrophes à force de faire des associations avec des expériences du passé. Dans l’urgence, notre mental cherche à contrôler en cherchant l’origine du problème afin de trouver un coupable : les autres ou bien soi. Au fil du temps, notre statut de victime de la vie se perfectionne jusqu’à nous persuader de notre faiblesse et notre incapacité à vivre la vie que nous souhaitons.

Nous adaptons toutes sortes de stratégies pour éviter de faire face à nos peurs, de les montrer ou de les exprimer, nous déployons une énergie importante à les rejeter, à les combattre ou à les éliminer.

Toute cette énergie contribue à les renforcer, à leur donner plus de pouvoir car combattre son garde du corps en continuant à lui verser son salaire crée une situation explosive.

Revenir à l’intelligence du cœur permet de faire face à ses peurs, les accueillir, les accepter pour ce qu’elles sont et de comprendre ce qu’elles défendent avec tant d’intensité. Ainsi, nous nous engageons dans ce chemin du cœur qui mène à l’amour.

Nous avons grandi avec ce besoin, ce manque que nous percevons à l’intérieur de soi cherchant à le combler à travers l’autre et des plaisirs de toutes sortes. Notre conception de l’amour est liée à notre histoire personnelle, que nous soyons femme ou homme, quelle que soit notre appartenance sociale et/ou culturelle, nous avons tous accumulé des souffrances du passé liées au sentiment d’abandon, d’insécurité ou d’attentes déçues.

Tout cela a forgé nos croyances sur l’amour qui se mérite, conditionné à notre comportement, notre façon de répondre aux désirs des autres, de se soumettre à des règles ou demandes. Notre besoin d’amour dépend des autres dont nous attendons approbation, acceptation, protection et amour.  

L’intelligence du cœur est cet élan d’amour que nous portons en nous qui réveille nos capacités en sommeil et soutient le mouvement de vie qui nous anime. Aimer commence à l’intérieur de soi pour tout son être, c’est l’acceptation de toutes ses facettes, ses forces et ses faiblesses. C’est aussi accepter de ne pas inspirer de l’amour à tous, accepter les défis de la vie comme une expérience d’évolution et non comme un châtiment.

C’est cultiver de la gratitude à l’égard de son corps et toutes les capacités qu’il nous offre : marcher, parler, manger, lire, toucher, enlacer et embrasser une personne…

C’est conserver sa bienveillance envers soi en toutes circonstances même lorsqu’on a manqué de bienveillance.

Alors les peurs deviennent des discrètes compagnes de route qui nous indiquent dans quelle direction regarder pour retrouver son alignement.

 

par Samia Abdelmoumen : http://sophrologie-eft-marseille.fr/amour-de-soi-samia-abdelmoumen/