Apprivoiser le stress

Les solutions au stress

La civilisation moderne s’est construite sur la lutte, la contrainte, le stress, on en constate chaque jour les résultats anxiogènes sur notre mode de vie. Nous sommes imprégnés par cette philosophie de « aller contre » plutôt que « aller avec » ainsi lorsque nous abordons une difficulté, rencontrons un obstacle, vivons une situation de changement, donc des contextes générateurs de stress, nous entrons en lutte.

Cependant, le stress est inhérent à la vie qui est un mouvement constant de changement que nous vivons dans notre corps à travers le renouvellement de nos cellules, dans notre environnement naturel à travers le changement des saisons ou l’alternance jour-nuit. Nous pouvons envisager d’apprivoiser notre stress afin de suivre le mouvement de la vie et sauvegarder notre équilibre. Le changement rencontre naturellement la résistance des personnes concernées car il modifie des équilibres, il oblige à des mobilités individuelles et comporte des effets déstabilisants.

C’est pourquoi, les approches non conventionnelles ont développé des techniques efficaces et adaptées pour accompagner vers le changement et faciliter l’implication de la personne grâce à un apprentissage basé sur l’expérience qui soutient le développement de compétences psycho-affectives et conduit vers l’autonomie.

Notre bien-être est influencé par de multiples facteurs, qu’ils soient physiques, émotionnels, énergétiques, environnementaux… Vivre c’est apprendre continuellement afin que l’énergie vitale s’écoule harmonieusement et que les effets du stress soient régulés.

Etre à l’écoute de ses besoins

Se reconnecter à ses besoins vitaux est une des premières pistes à envisager. Dans notre vie

quotidienne trépidante, nous avons souvent tendance à les négliger, sous prétexte que nous avons d’autres priorités, que nous n’avons pas le temps ou tout simplement que nous ne les connaissons pas. Etre à l’écoute de ses besoins vitaux pour mieux les respecter est essentiel cela nous permet d’adopter des comportements préventifs qui sont salutaires en situation de stress.

Les besoins vitaux physiques : manger, boire, dormir, respirer, se reposer, éliminer, faire de l’exercice, veiller à son hygiène, se détendre, prendre du plaisir…

Les besoins vitaux émotionnels, psychologiques et intellectuels : sécurité, reconnaissance, estime de soi, confiance en soi, sentiment d’être aimé, contact avec les autres (par le toucher et l’échange)…

Les besoins vitaux spirituels : expression artistique, sentiment de croissance, sentiment d’unité, besoin de se réaliser, besoin de donner un sens à son vécu…

Un besoin vital est un besoin naturel et nécessaire à notre vie – à notre équilibre. Les besoins vitaux sont relativement identiques pour tous et sont en nombre limités alors que les envies ou désirs sont infinis, sans cesse recréés, subjectifs et éphémères, ils sont liés à un contexte (envie de suivre une mode, désir de paraître branché, envie d’avoir une belle voiture…).

Comment satisfaire nos besoins vitaux ?

Pour les besoins vitaux physiques :

  • Prévoir des moments de relaxation, de détente qui permettent de recharger les batteries, de tourner l’attention sur ce qui procure du plaisir
  • décharger physiquement le surplus d’énergie en pratiquant de l’activité physique, la transpiration participe à l’élimination des toxines du stress  
  • privilégier une alimentation équilibrée (limiter le sucre, l’alcool, les boissons excitantes, les graisses saturées, le sel…)
  • respecter ses heures de sommeil
  • passer du temps au grand air dans un espace vert et pourquoi pas en dehors de la ville pour se reconnecter à la nature

Pour les besoins vitaux émotionnels, psychologiques, ou intellectuels :

  • reconnaitre et prendre soin de ses émotions, les exprimer (colère, joie, tristesse, peur).

Tout comme le stress, les émotions sont des cadeaux dont nous a doté la nature qui nous aident à interagir avec notre environnement. Les émotions sont des indicateurs de changement, porteurs d’information concernant des besoins à respecter, à satisfaire, sur des limites à poser. Elles facilitent la communication avec soi et avec les autres. Nous ne pouvons pas les éliminer ou les effacer, nous pouvons seulement apprendre à les décoder, à les ressentir.  

  • améliorer son estime de soi et sa confiance pour ne plus se laisser contrôler par ces « petites voix » qui disent « sois fort », « fais des efforts », « sois parfait », « fais plaisir »…

Etre bienveillant avec soi et ses imperfections, ne plus se préoccuper du regard des autres, de leurs opinions sur soi car cela génère un stress important et provoque des comportements inhibés.

  • s’autoriser à dire non, à penser à soi, à ne pas prendre tout en charge. Dire non s’apprend, cela relève de la capacité à fixer son seuil de tolérance, à s’affirmer devant les autres sans être dans le conflit, à prendre des risques, à se protéger des personnes toxiques…
  • soigner ses relations avec les autres, en prenant soin de soi et de ses besoins, en cultivant la bienveillance pour soi nous développons notre pouvoir d’empathie. Nous changeons notre regard sur les autres, nous devenons plus tolérants et flexibles.
  • cultiver le positif car c’est une force vitale qui nous pousse à aller de l’avant, une attitude intérieure qui aide à trouver des solutions pour mieux vivre les situations de tensions et à rendre le quotidien plus facile à vivre.

Respirer !

De nombreuses ressources existent pour nous aider à réguler les effets du stress, la relaxation, la méditation de pleine conscience, la sophrologie, le yoga, le Qi Gong… cependant, la plus essentielle est la respiration, c’est par elle que commence la régulation des effets du stress.

Respirer est un acte fondamental naturel que nous effectuons sans y penser. Mais, bien souvent, avec les tensions accumulées, nous respirons de façon superficielle par le thorax. Or, une respiration consciente et profonde permet de se recentrer sur soi-même, de développer son attention à son corps et de mieux vivre ses émotions.

Le stress c’est la vie, respirer c’est la vie ; à la naissance, nous entrons en lien avec le monde par une inspiration et à la mort, nous le quittons après une dernière expiration.

par Samia Abdelmoumen (sophrologue-coach de vie)