Cohérence coeur – cerveau

 

Dans les années 1970, les chercheurs américains John et Béatrice Lacey ont mis en évidence l’existence d’un important réseau neuronal dans le coeur et surtout de sa relation bidirectionnelle avec l’amygdale, le thalamus et le cortex dans le cerveau.

Créé en 1991, l’institut HearthMath en Californie aux USA, constitué d’un groupe de biologistes, médecins et neuroscientifiques a conduit des expériences sur les liens cœur-cerveau qui ont mis en évidence : 

le cœur a son propre système neuronal composé de 40 000 neurones

  • il possède un champ électromagnétique 5000 fois plus rapide que celui du cerveau

  • et un champ électrique 60 fois supérieur à l’amplitude de l’activité du cerveau.

Il les utilise pour transmettre l’information au cerveau et influencer les réactions de l’amygdale, siège des émotions.

Autonome, le coeur sécrète différentes hormones, telles que l’ANF et l’ocytocine, qui bloquent les hormones du stress (cortisol), stimulent les organes reproducteurs et interagissent avec le système immunitaire. Le coeur agit alors comme un oscillateur puissant qui entraîne tous les autres systèmes du corps et bien sûr le cerveau.

Les nombreux oscillateurs biologiques de l’organisme vont se synchroniser sur cet oscillateur majeur qu’est le coeur. Son champ magnétique va influencer toutes les molécules constitutives de l’organisme ainsi que les réactions chimiques dans lesquelles elles sont impliquées.

La médecine conventionnelle occidentale ne considère le cœur qu’en termes de fonction physiologique : un organe musculaire aux cavités multiples où s’enchevêtrent des circuits électriques et servant de pompe à la circulation sanguine.

Cette description contraste fortement avec celle des médecines ancestrales (médecine chinoise, Ayurvéda, chamanique…) ou des cultures anciennes comme celle de l’Egypte antique. Toutes considèrent le cœur comme le lieu de la conscience et de l’amour.

 

Le cœur dans la tradition ancestrale

Dans l’Egypte antique, l’entrée dans le royaume d’Osiris (le royaume des morts) était assujetti à la pesée du cœur qui devait être léger comme une plume. Dans la tradition amérindienne, le cœur est lié à la sagesse et dans la médecine traditionnelle chinoise, l’énergie du cœur est liée à la langue qui exprime la parole juste.

Dans les textes anciens hébraïques, le cœur de l’être humain représente le milieu des choses, la connaissance, l’esprit ou la pensée associée à la réflexion (cerveau), la mémoire de la vie (l’expérience), siège de l’âme, de la connaissance, la conscience (leb).

En médecine traditionnelle chinoise, le cœur et la tête (cerveau et 5 sens) sont très proches grâce à l’énergie primordiale donnant vie à l’humain, le support du QI. Le cœur est le logis du l’Esprit. Il réceptionne l’information de l’extérieur pour la rediriger à l’intérieur (organes, viscères…) et dirige les activités mentales, la conscience et la pensée. Là aussi, les activités mentales et émotionnelles dépendent du bon fonctionnement du coeur.

Chaque organe est lié à une facette de l’Esprit mais c’est le coeur au final qui coordonne l’ensemble. Il contrôle aussi toutes les activités vitales liées au fonctionnement de l’organisme. Il est l’Empereur.

 

La cohérence cardiaque

Le coeur entretient une relation privilégiée avec le cerveau limbique qui contrôle l’équilibre physiologique. Elle se concrétise par le biais du système nerveux autonome (SNA) constitué de 2 branches :

  • le système sympathique, associé aux réactions de « combat / fuite », par une accélération du rythme cardiaque, la contraction des vaisseaux sanguins et stimulant les hormones du stress (comme la cortisol).
  • le système nerveux parasympathique, associé aux réactions de calme et de relaxation, apaisant les battements cardiaques.

Cette relation est reflétée par un indicateur clé : la variabilité du rythme cardiaque (VRC), qui mesure l’intervalle de temps entre deux battements.

La variabilité du rythme cardiaque est observable dans deux états :

      • chaotique (aléatoire, en jaune sur l’image) lorsque nous sommes sous l’influence du stress, de l’anxiété ou de la colère.

      • cohérent (ordonné, en rouge), lorsque nous ressentons des émotions positives, telles que le bien-être, la compassion ou la gratitude…

Le rythme cardiaque reflète donc l’état émotionnel qui affecte à son tour les aptitudes du cerveau, à décoder l’information, prendre une décision, résoudre un problème ou encore exprimer sa créativité.

 

Coherence coeur cerveau 02 Samia-abdelmoumen

L’analyse de notre VRC est aujourd’hui reconnue comme un moyen fiable et rapide de mesurer les mouvements de notre système nerveux.

La focalisation sur la respiration permet d’atteindre l’état de cohérence cardiaque proprement dit. L’état émotionnel est l’élément clé. En effet, ce sont des émotions, sentiments tels que la gratitude, la reconnaissance, la joie profonde ou l’amour qui vont positionner le coeur à sa fréquence de résonance naturelle. Ce n’est plus la respiration à un rythme particulier qui entraîne le coeur à se synchroniser, c’est le rythme cohérent du coeur qui entraîne l’ensemble de la physiologie dans un fonctionnement optimal.

 

Dans les premiers temps de pratique, la focalisation sur la respiration permet d’accéder à un état « classique » de cohérence cardiaque, le maintien de cet état se faisant grâce à des processus mentaux tels l’évocation de souvenirs agréables, des sentiments tels que la  gratitude ou la compassion et bien sûr l’amour ou encore des visualisations qui rappellent ces sentiments (personnes, lieux…).

Puis, il est possible d’accéder à des états cohérents « supérieurs » qui eux émergent lorsqu’un doux lâcher-prise se produit, piloté par le cœur. Ils s’accompagnent de sensations d’expansion au niveau de la poitrine et assez souvent des sensations d’expansion de conscience, des états de bien-être très profonds, tels que ceux qu’on expérimente dans la méditation.

 

Cohérence coeur cerveau 03

 

Le cycle des émotions

En 1995, l’Institut HearthMath publie sa découverte sur la forte influences du cœur sur les émotions, et comment les signaux du cœur peuvent être utilisés pour ramener le calme dans l’ensemble du corps, cerveau compris.

En effet, les chercheurs ont démontré que le cœur est une composante clé du système émotionnel. Les signaux générés par son activité rythmique jouent un rôle majeur dans la détermination de la qualité de nos expériences émotionnelles. Les signaux du coeur impactent profondément les fonctions cognitives en vertu d’un réseau de communication entre le cœur et le cerveau.

Les expériences menées ont démontré que le coeur envoie plus d’informations au cerveau que le cerveau n’en envoie au cœur ! Ces signaux cardiaques ont un effet significatif sur la fonction cérébrale. Ils influent sur le traitement émotionnel ainsi que sur les facultés cognitives comme l’attention, la perception, la mémoire et la résolution de problèmes.

Par la respiration focalisée sur le cœur accompagnée de sentiments de gratitude, d’amour ou de compassion, le cerveau émotionnel reçoit alors le message que tout va bien. Cela renforce cette cohérence qui à son tour stabilise le système nerveux autonome et optimise toutes nos facultés.

Ainsi nous ouvrons une porte en nous, celle que nous avons fermée par peur de souffrir, par peur d’aimer. Nous prenons alors conscience de la vie qui circule en nous et autour de nous, nous renouons le lien avec notre nature essentielle.

 

par Samia Abdelmoumen : http://sophrologie-eft-marseille.fr/coeur-cerveau-samia-abdelmoumen/