La complémentarité ou l’intelligence thérapeutique plurielle

Comment la complémentarité favorise l’éducation à la santé

La complémentarité se veut une démarche centrée sur le patient qui s’appuie sur une relation de partenariat avec le patient, ses proches, le médecin ou le praticien non conventionnel afin de définir ensemble les options de soins, la mise en œuvre d’un suivi et son ajustement dans le temps.

Cet accompagnement s’articule autour de la complémentarité entre l’expertise des soignants et l’expérience du patient acquise au fil du temps à travers ses problèmes de santé, la maladie et ses répercussions sur sa vie personnelle et celle de ses proches.

Cette « coopération » s’appuie sur une personnalisation des soins centrée sur l’écoute du patient et la compréhension de ce qui est important pour lui. C’est une démarche, un dialogue structuré autour des connaissances, la possibilité de faire des liens entre son ressenti, ses besoins, attentes et préférences. La réponse est alors évolutive en fonction des besoins individuels et des circonstances.

Cette expérience facilite le développement des compétences du patient qui participe alors activement aux décisions préconisées par les soignants et l’adoption de comportements préventifs. Elle permet le partage d’informations entre les soignants visant une éducation à la santé.

Partager pour mieux comprendre

Dans cette écoute active et bienveillante, chaque soignant a pour objectif de développer et renforcer la capacité de décision et d’action du patient tout au long de son parcours de soin pluriel. Faire de la place au patient facilite l’anamnèse par l’analyse des préoccupations et des priorités du moment ainsi que la compréhension de ses ressources personnelles.

Au-delà du soin, partager pour comprendre permet au soignant d’évaluer la situation et de multiplier les solutions prenant en compte l’aspect clinique, biologique, psychosocial, les habitudes de vie, afin de faciliter une prise de conscience chez le patient.

Cette vision de la santé partagée avec des pairs ainsi que des médecins et pharmaciens a fait évoluer la qualité de soin, donnant la possibilité de travailler dans la pluridisciplinarité au bénéfice du patient afin de l’accompagner de façon globale. Le partage de connaissances, les solutions multiples repoussent les limites personnelles aussi bien au plan méthodologique des techniques de soins que celles du savoir être.

Dans une démarche commune, l’expérience du travail conjoint avec un médecin et une sophrologue permet de poser une intention de soin différente où le patient joue un rôle actif dans le processus du soin. C’est une relation de confiance qui se tisse et se construit au fil des échanges entre les intervenants et le patient, en appliquant des notions de respect, de soutien inconditionnel, de non jugement, d’accueil des émotions…

L’état d’esprit jusqu’alors technique devient une prédisposition d’ouverture d’esprit enrichissant l’expérience personnelle du soignant dans sa qualité d’être et une façon humaniste de considérer la personne dans son projet de soin.

Ainsi, l’apanage rassurant d’une posture et une écoute qui ordonne deviennent un accompagnement bienveillant et empathique qui responsabilise : qu’en pensez-vous, comment faites-vous, que se passe-t-il ? quand et que pouvez-vous changer en faveur de votre démarche… Mis en confiance, le patient trouve un espace d’expression où il lui est possible de poser des questions, de s’impliquer avec chaque intervenant à travers  une posture aussi différente qu’homogène. Il est aussi pour lui source d’une libération émotionnelle.

La clé de voute de la complémentarité est la synthèse multi-praticiens qui va permettre de rassembler des informations différentes, de partager et de faire des corrélations qui viseront à donner sens à la démarche du patient et le suivi du médecin.

Cette rencontre soignants/soigné instaure la bienveillance, l’empathie, le respect, la valorisation, une attitude d’accompagnement, de soutien, de non jugement et la possibilité d’évoluer en termes de savoirs faire et savoirs être pour les soignants.

La complémentarité des pratiques plurielles

La méthode Surrender, comme l’ostéopathie vise à rééquilibrer le corps à travers des ajustements  physiologiques et structurels doux en accord avec la dynamique énergétique du patient. Avec ses mains, le praticien traite la cause et pas seulement le symptôme présenté, en activant la capacité d’auto-guérison du corps. Il s’agit d’une approche globale dans laquelle nous nous adressons au corps dans son ensemble. Le squelette, n’est pas le seul concerné, tous les tissus du corps (les fascias, les organes, le système nerveux…) le sont également.

Quant à la sophrologie, elle est de plus en plus utilisée dans un cadre médical. C’est une technique développée par un neuropsychiatre Alfonso Caycedo, dans les années 60, basée sur la concentration, la respiration et le mouvement pour vivre positivement son corps, en développant la conscience corporelle. Le patient étant actif, le rôle du praticien est de lui donner des outils pour qu’il s’oriente vers son équilibre global, en  développant, réactivant et maitrisant ses  propres ressources de bien-être.

La Médecine Traditionnelle Chinoise est un système médical complet qui possède ses propres outils et sa façon particulière d’interpréter les causes des maladies et de poser les diagnostics. Elle met l’accent sur les relations fonctionnelles entre les organes. Elle s’attarde à décrire les liens entre les organes et le reste du corps autant dans le fonctionnement harmonieux qui maintient la santé, que dans l’évolution d’un déséquilibre. La médecine traditionnelle chinoise comporte cinq disciplines principales l’acupuncture, la diététique, le massage TUI NA, la pharmacopée et exercices énergétiques dont le Tai Chi et le Qi Qong. Ces disciplines proposent différents modes d’intervention, souvent complémentaires, qui sont basés sur les mêmes fondements. Le praticien en médecine chinoise donne aussi à son patient des conseils sur l’hygiène de vie, le repos, les exercices, la nutrition, la posture et, en général, sur tout facteur qui pourrait influencer son bien-être physique, psychique ou social.

Malgré le bien-fondé des actions thérapeutiques de la méthode Surrender, le praticien ne possède pas les compétences d’un sophrologue formé à l’écoute et à des techniques psycho-corporelles permettant de stimuler de façon actives les capacités d’auto-guérison par la pratique de la respiration consciente, de la détente neuro-musculaire et à développer une vision positive de soi. C’est en passant la main au sophrologue que le praticien Surrender permet à la personne de développer les compétences nécessaires pour prendre en main sa santé et être dans une démarche préventive.

L’apport de la médecine chinoise dans l’accompagnement ostéopathique ou un suivi par la méthode Surrender pose l’équilibre de l’interaction entre l’être humain et son environnement. L’équilibre énergétique est directement lié à la libre circulation de l’énergie vitale, le Qi, dans l’ensemble des canaux représentés par les Méridiens. Cette circulation est sous la dépendance des principes suivants : Yin/Yang, les 5 éléments avec leurs interrelations, et enfin les Organes en lien étroit avec les émotions. La tradition chinoise ne sépare pas le corps de l’esprit et ses notions de santé, de maladie, de traitement découlent de ces concepts. La complémentarité entre méthode Surrender et la MTC parait évidente.

La connaissance de la Médecine Chinoise donne une grille de décodage supplémentaire, énergétique, permettant de comprendre autrement et traiter certaines dysfonctions ostéopathiques. Il donc plus aisé de faire le parallèle entre les perturbations de circulation de l’énergie et les restrictions de mobilité des organes, en ostéopathie viscérale ou en méthode Surrender particulièrement. Ainsi la MTC enrichie la pratique de la méthode Surrender et permet de vivre un référentiel différent sur une même démarche et donc une lecture énergétique appropriée riche de nouvelles informations.

De même, la relation corps esprit est d’autant plus précieuse que la sophrologie en tant que technique psychocorporelle renforce l’efficacité de la méthode Surrender. C’est dans un état «  sophroliminal » (« au bord du sommeil ») que le patient, totalement conscient, apprend à rentrer dans une écoute profonde de son corps afin de mieux se connaître et prévenir des maux que l’on ne peut pas parfois traduire en mots. Le Sophrologue permet de faire un lien entre le vécu, l’émotion, et la somatisation corporelle en activant sa démarche du corps à l’esprit ou l’inverse en fonction de la difficulté relevé par le praticien Surrender. Ainsi, des séances de sophrologie peuvent accompagner une démarche en Méthode Surrender pour aider à mieux gérer pensées, émotions et comportements et faire face avec davantage de sérénité aux stimuli externes. Par l’écoute du sophrologue et le questionnement sur l’hygiène de vie, l’histoire de vie, la relation à l’autre et à soi, le cadre professionnel, il sera plus aisé de faire des liens avec la structure du corps et son fonctionnement.

Dans cette osmose thérapeutique, l’information circule et les participants ne manquent pas de faire en sorte « d’agrandir la carte du connu » permettant d’écourter des désagréments et enfin de donner sens au bien-fondé de notre condition humaine.

 

Maurice Cohen Methode Surrender Ressources Plurielles

par Maurice Cohen

Bioénergéticien, praticien Surrender