L’eau : substance unique et source de vie

L’eau potable de plus en plus polluée

L’eau est une substance unique parce qu’elle se renouvelle et se nettoie naturellement en permettant au polluants de s’infiltrer (par le processus de sédimentation) ou de se détruire, en diluant les polluants au point qu’ils aient des concentrations qui ne sont pas nuisibles.

Cependant, ce processus naturel prend du temps et devient très difficile lorsqu’il y a une quantité importante de polluants qui sont ajouté à l’eau.

D’où viennent ces pollutions ?

Les eaux de surface sont de plus en plus polluées : taux d’acidité des mers et océans qui ne cesse d’augmenter à cause des gaz à effets de serre ; pollution des mers par des produits toxiques; métaux lourds, engrais et pesticides charriés par les fleuves… sans compter les dizaines de millions de sacs plastiques qui flottent entre deux eaux. La pollution maritime n’épargne plus aucune région de la planète et les fleuves et les rivières ne sont pas en reste ! Ils contiennent des millions de tonnes de polluants formés des rejets chimiques de nos industries, de notre agriculture et de nos activités quotidiennes.

L’agriculture

Au début des années 1960, les agriculteurs ont eu recours à l’agriculture intensive, avec pour conséquence la pollution des eaux des sols par de fortes concentrations en azote, phosphore, pesticides et microorganismes.

Les pesticides : Les pesticides d’origine agricole les plus souvent quantifiés sont les herbicides. Bien que moins fréquente que celle des herbicides, une présence significative d’insecticides et de fongicides utilisés en traitement de grandes cultures est mise en évidence dans l’eau des rivières.

Les matières organiques : les déjections animales, issues de l’élevage, contiennent des matières organiques, matières azotées et phosphore pouvant poser des problèmes de pollution des eaux superficielles et souterraines dans les zones d’élevage intensif. Les rejets de bactéries dans l’environnement sont limités par les pratiques agricoles qui consistent à stocker le lisier dans des fosses. Lorsque les conditions d’épandage sont respectées, ces rejets sont bien absorbés par l’environnement. Toutefois, certains peuvent perdurer des semaines, voire des mois dans l’environnement et en zone d’élevage intensif. Le risque de détecter des microorganismes pathogènes dans les rivières peut alors être important.

Le phosphore : élément limitant de la croissance des plantes, il est le principal facteur de l’eutrophisation et de la détérioration de la qualité des eaux. De très faibles teneurs en phosphore (quelques dizaines de m g/l) peuvent constituer un polluant dangereux. Le phosphore est apporté par l’agriculture sous forme d’effluents d’élevage et d’engrais minéraux. L’usage de phosphore dans l’agriculture, lié à l’utilisation d’engrais, contribue ainsi à la pollution des eaux superficielles. Pourtant, la principale source de phosphore en Europe n’est pas l’agriculture, mais les eaux usées domestiques et l’industrie. En France, par exemple, l’apport de phosphore par l’agriculture ne représente que 23% du total.

Les nitrates : la contamination de l’eau par les nitrates est un des principaux problèmes liés aux activités agricoles. 66% de la pollution aux nitrates est d’origine agricole, et seulement 12% est d’origine industrielle.

Les compléments alimentaires et les antibiotiques : il y a, dans les sols, accumulation de métaux (cuivre, zinc) en provenance de l’alimentation des animaux d’élevage et des résidus d’antibiotiques utilisés contre les infections ou pour favoriser leur croissance. L’importance des rejets médicamenteux dans les eaux est mal connue aujourd’hui.

Les traitements pour éliminer ces polluants sont complexes, onéreux et souvent difficiles à appliquer. Par conséquent, on s’oriente vers d’autres pratiques agricoles plus respectueuses de l’homme et de l’environnement comme l’agriculture « intégrée » ou « biologique ».

L’industrie

Une partie non négligeable des résidus de pesticides provient de la production industrielle de ces derniers et de l’utilisation de pesticides par les sociétés de chemins de fer, les services d’entretien des routes, les particuliers et les collectivités. L’azote présent dans l’eau ne provient pas uniquement de l’agriculture, même si celle-ci reste la source d’azote la plus importante. Les eaux usées industrielles contiennent également de l’azote, notamment les eaux rejetées par les fabricants d’engrais ou d’explosifs, les industries de traitements des métaux et les industries agro-alimentaires.

Les effets directs sur la santé humaine peuvent être dus à la toxicité élevée de polluants déversés dans les ressources en eau potable ou les eaux de baignade : métaux (mercure, chrome, plomb, cadmium, nickel), nitrates, pesticides.

Les effets indirects sur la santé humaine sont liés à la contamination des milieux aquatiques par des polluants peu biodégradables qui peuvent se stocker dans certains compartiments des écosystèmes et se concentrer ensuite dans les organismes vivants tout au long de la chaîne alimentaire : pollutions métalliques, produits phytosanitaires, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces phénomènes s’observent pour des pollutions à faible dose se développant sur des durées importantes ou se cumulant sur des bassins importants.

La médecine

La consommation de médicaments n’a cessé de croître depuis plusieurs décennies dans les pays industrialisés. En France, 4e consommateur mondial, 3300 molécules  sont ainsi commercialisées. Or, des traces de médicaments ou de leurs dérivés ont été mesurées dans tous les milieux et sur tous les continents. Leur présence est avérée dans les eaux de surface, les eaux souterraines et résiduaires, les boues des stations d’épuration utilisées en épandage agricole et même dans l’eau potable. Des concentrations certes faibles, de quelques nanogrammes par litre (ng/l) à quelques centaines de microgrammes par litre (pig/l). L’origine de cette pollution est double. Elle provient, d’une part, des urines et des selles humaines – ainsi que de celles des animaux de compagnie – évacuées dans les eaux domestiques, où se retrouvent aussi des médicaments non utilisés dont une partie est directement jetée dans les toilettes ou les égouts. Elle résulte, d’autre part, des rejets de l’ind ustrie chimique et pharmaceutique, des élevages industriels d’animaux et des piscicultures (antibiotiques et hormones de croissance), mais aussi des hôpitaux. Les rejets par les établissements de soin sont d’ailleurs particulièrement préoccupants car ils contiennent des anti-cancéreux et des produits radioactifs, des molécules toxiques, peu dégradées et persistantes dans l’environnement.

Or, les stations d’épuration n’ont pas été conçues pour éliminer la totalité des molécules pharmaceutiques… et certains composés ne se dégradent quasiment pas. A ce jour, aucun médicament ne figure dans la liste des polluants prioritaires à analyser dans l’eau potable.

Quel impact sur la santé et l’environnement ?

Même à faibles doses, des perturbateurs endocriniens (médicaments, pesticides, rejets industriels) peuvent altérer la reproduction et le développement. Ainsi, les chercheurs voient apparaitre dans de nombreux cours d’eau français, des phénomènes de féminisation des mâles, ainsi qu’une sensibilité accrue aux agents infectieux, chez certaines espèces de poissons, de gastéropodes et de grenouilles. Par ailleurs, il ne faut pas isoler la problématique des médicaments de celle des autres polluants et l’exposition combinée à plusieurs perturbateurs endocriniens (bisphénol A, phtalates, PCB, pesticides) agissant en synergie, pourrait avoir un effet significatif sur la santé humaine. Enfin, l’impact des antibiotiques sur la prolifération de bactéries résistantes est également suspecté.

La qualité de l’eau potable (une étude réalisée par Que choisir – télécharger le document pdf )