Forum 2014

Forum 2014 Bien-Etre et Santé Globale organisé par Ressources Plurielles

Réalisation : Jeff (Rabsa13) – Montage : Maurice Cohen

Le 29 mars 2014, au théâtre Mazenod à Marseille, s’est déroulé le Forum 2014 Bien-Etre et Santé Globale organisé par Ressources Plurielles.

Pour la première fois en France : des acteurs de la santé publique (médecins, mutuelle), des élus (la vice-présidente du Conseil Régional PACA), des praticiens et des utilisateurs de médecines non conventionnelles ont été réunis pour débattre de la complémentarité de la médecine conventionnelle et des médecines non conventionnelles.

Samia Abdelmoumen, coordinatrice et fondatrice de Ressources Plurielles, a ouvert la journée en rappelant l’importance et l’originalité de ce Forum. Elle a souligné que la mobilisation de Ressources Plurielles s’appuie sur un cadre légal.

Trois dates importantes

1997 : le Parlement Européen a voté une directive sur l’importance de donner un statut aux médecines non conventionnelles et d’assurer aux patients une liberté de choix thérapeutique.

2002 : L’Organisation Mondiale de la Santé invite à intégrer les médecines non conventionnelles dans le système de santé publique, elle reconnaît leur innocuité et l’intérêt qu’elles représentent en faveur de la prévention et de l’économie de la prise en charge médicamenteuse.

2011 : En France, la Haute Autorité de la Santé (HAS) a publié un rapport qui lui avait été commandé par la Direction Générale de la Sécurité Sociale sur la prise en charge non médicamenteuse. Dans sa synthèse elle déclare que « sortir d’une prise en charge essentiellement centrée sur le médicament et de l’influence symbolique qu’il exerce constitue un enjeu de santé publique ». Dans ce même rapport, elle met en lumière la méconnaissance des médecins et des patients sur la possibilité d’un autre accompagnement.

Le Forum met en avant la complémentarité de la médecine conventionnelle et des médecines non conventionnelles et veut montrer que leurs ressources et leurs besoins favorisent la coopération plutôt que l’antagonisme.

Les participants aux tables rondes du forum :

Dr Isabelle Joscht (médecine nucléaire)
Dr Joseph Guttieres (médecine générale)
Dr William Suerinck (médecin psychiatre, homéopathe)
Seymour Brussel (praticien et formateur à la Méthode Surrender)
Jean-Louis Hebrard (ingénieur, formateur à l’Institut de Géobiophysique Appliquée – effets des rayonnements électromagnétiques naturels et artificiels sur le vivant)
Sonia Winogradoff (architecte géobiologue – santé de l’habitat)
Anne-Marie Hautant (conseillère régionale, vice-présidente du Conseil Régional déléguée à la commission Santé et Alimentation)
Denis Cani (Mutuelle de France Plus)

 Premier débat du forum : Un état des lieux

Les besoins et les ressources de la médecine conventionnelle et des médecines non conventionnelles créent une synergie qui redessine le paysage de la santé. Comment cette complémentarité s’opère-t-elle ?

Seymour Brussel, ostéopathe et bio énergéticien, formateur de la méthode Surrender avec le docteur Rodolphe Meyer a expliqué leur démarche au sein de plusieurs unités de soin par la méthode Surrender :

A Saint-Jean de Dieu à Paris : depuis 2011, la méthode Surrender est utilisée avant intervention afin de moins sédater les patients, au bloc opératoire pour des chirurgies du cancer du  sein et de la cataracte et après intervention afin d’éviter l’isolement, de permettre une meilleure convalescence et une cicatrisation plus rapide.

Au Centre Robert Merle d’Aubigné spécialisé dans l’élaboration de prothèses et la rééducation. Grâce aux champs morphiques et énergétiques, les thérapies bioénergétiques répondent aux problématiques de douleurs liées au membre fantôme, propres aux personnes qui ont subi une amputation.

Seymour Brussel souligne que ce travail se fait en coopération avec les médecins, néanmoins les praticiens interviennent bénévolement faute de solutions pour les rémunérer. La Haute Autorité de Santé (HAS) demande aux médecins de proposer des soins de support, mais les financements vont directement à la cancérologie et ne couvrent pas les autres branches de la médecine.

L’intervention d’Isabelle Joscht médecin nucléaire à l’Hôpital Nord de Marseille va aussi dans ce sens. Si l’Assistance Publique de Marseille reconnaît l’importance de former son propre personnel aux thérapies complémentaires pour améliorer le confort et le bien-être du patient, la mise en pratique de celles-ci est soumise au bon vouloir du chef de service. Ce dernier est seul à pouvoir décider l’intégration des pratiques non conventionnelles au sein des services.

A présent l’hypnose est utilisée au bloc opératoire et la RESC (résonance énergétique par stimulation cutanée) en réanimation et néonatologie. Mais au-delà de ce cadre hospitalier, selon elle, les médecins orientent très rarement des patients vers ces praticiens car ils ne sont pas convaincus de l’efficacité de ces pratiques ou tout simplement parce qu’ils ne les connaissent pas.

Selon Isabelle Joscht, la reconnaissance de l’efficacité de la médecine non conventionnelle par le corps médical n’est pas encore à l’ordre du jour. Les cancérologues demandent aux médecins homéopathes d’accompagner et de soulager les patients suivis en oncologie, mais n’acceptent pas encore d’entamer un dialogue sur l’efficacité des approches non conventionnelles.

Nous pouvons affirmer que ce sont les patients qui de façon spontanée vont à la recherche et découvrent d’autres pratiques qui prennent en compte l’individu dans son vécu et son ressenti.

Si la médecine conventionnelle développe une efficacité dans la précision, elle se détache de plus en plus de la globalité. Les approches non conventionnelles sont utilisées et demandées par les patients comme support, voir une alternative car elles facilitent la compréhension des maladies en proposant des solutions individualisées, adaptées à l’individu et à tous ses symptômes, présents et passés. C’est le constat de William Suerinck, psychiatre et homéopathe.

Cette recherche est également motivée par la volonté des patients de retrouver un état de bien-être comme le défini l’Organisation Mondiale de la Santé, suite aux perturbations générées par la prise en charge médicamenteuse. En psychiatrie par exemple, la plupart des patients souffrent des effets secondaires des traitements médicamenteux.

William Suerinck donne l’exemple de la complémentarité de l’allopathie et de l’homéopathie. Les patients qui ne supportent pas les traitements allopathiques peuvent être soulagés par les médicaments homéopathiques avec d’excellents résultats.

En France, il est donc positif de constater que les unités de soins en oncologie ont intégré des pratiques non conventionnelles pour soutenir les traitements de chimiothérapie. Il en est de même pour certaines cliniques parisiennes qui accueillent des pratiques telle que la Méthode Surrender pour proposer des solutions complémentaires.

Les choses évoluent lentement car la santé est l’objet d’enjeux économiques importants et la formation des médecins n’intègre pas la globalité de l’individu.

Joseph Guttieres médecin généraliste évoque ses études universitaires et souligne qu’à aucun moment ses enseignants ne lui ont appris l’importance de la présence et de l’écoute, qui sont pourtant essentielles dans la pratique thérapeutique.

Formé à une approche très technique basée sur les médicaments, le soignant n’a pas eu la possibilité de connaître d’autres façons d’être et de faire. Cela apporte un nouvel éclairage sur la difficulté d’un dialogue entre la médecine conventionnelle et les médecines non conventionnelles.

Le docteur Guttieres a appris sur le terrain la richesse de la complémentarité. Les approches non conventionnelles apportent cette présence, les patients se sentent compris et véritablement accompagnés car ils bénéficient d’une écoute active.

En collaborant avec des acupuncteurs ou des ostéopathes, il a découvert le moyen de proposer aux personnes des soins plus complets, plus adaptés, visant le bien-être du patient.

Selon lui, cet état de bien-être en santé s’intègre dans le cadre médical, mais aussi sociétal, environnemental et culturel. L’aspect holistique encourage la personne à ne pas se limiter à son individualité mais aussi à prendre conscience de son l’environnement.

L’environnement physique, émotionnel, familial doit être pris en compte pour soigner les causes de la maladie.

En tant que géobiophysicien, Jean-Louis Hebrard nous invite à réfléchir sur l’influence de l’environnement physique sur la santé et le bien-être de la personne.

En effet, Marseille est une ville dont le sous-sol très perturbé par la présence de veines d’eau en profondeur qui provoquent de puissants champs électromagnétiques naturels verticaux. Les lits de nos chambres peuvent se trouver sur ces zones électromagnétiques. Cela expose les organes à ces influences, qui à long terme entraînent un dysfonctionnement. Dans le cas de la thyroïde, elle va s’ioniser.

Deuxième débat du forum : Les Perspectives

Cette complémentarité ouvre le champ à une éducation à la santé. Comment peut-elle aider chaque personne à acquérir des compétences et des moyens pour promouvoir sa santé et sa qualité de vie ainsi que celles de la collectivité ?

Madame Anne-Marie Hautant, vice-présidente du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur déléguée à la commission santé et alimentation ouvre le débat en soulignant que la prévention est le sujet principal de son action politique. Actuellement, elle travaille sur deux projets de santé publique.

Le premier concerne la création d’un service public autour de l’alimentation des étudiants lycéens afin de remettre au centre des préoccupations l’importance d’une alimentation saine et équilibrée.

Une deuxième action vise à mettre en place un plan régional alimentation, santé, environnement. Pour ce faire, le conseil régional a réuni une équipe de 20 spécialistes.

Ces deux projets sont novateurs car la prévention et la santé ne sont pas les priorités des politiques locales.

Pour Madame Hautant, il est nécessaire de structurer au niveau régional, des actions d’éducation à la santé afin que les individus acquièrent la connaissance de leur corps et de ses besoins. Ces deux projets sont la preuve d’un véritable engagement humain et citoyen de la vice-présidente du Conseil Régional.

Au niveau des lycées, deux autres actions d’éducation à la santé méritent notre attention.

L’une porte sur l’introduction au milieu scolaire d’activités corporelles non axées sur la compétition pouvant ouvrir de nouveaux champs d’expérimentation vers la réappropriation du corps, de la santé et de l’esprit.

L’autre concerne l’interdiction d’installer des connexions sans fil dans tous les lycées régionaux. En effet, la Région organise chaque année des journées d’information sur l’utilisation des technologies sans fil (le téléphone portable, le wifi …) ainsi que leur influence nocive sur la santé. De cette façon, la région contribue à sensibiliser sur l’importance de l’enjeu sanitaire lié à la connexion filaire des établissements.

A ce propos, Sonia Winogradoff architecte géobiologue nous invite à réfléchir sur le fait qu’actuellement de nombreux produits nuisibles pour la santé sont vendu sur le marché.

Comment faire comprendre qu’ils sont dangereux alors qu’ils sont commercialisés ?

Comment expliquer que pour conserver une bonne santé il serait nécessaire d’éviter d’utiliser certains appareils ou d’en limiter notre exposition à leurs fréquences électromagnétiques ?

En raison de la mobilité des individus, il est difficile de vérifier le degré d’exposition à ces fréquences dans l’habitat. D’autant plus qu’aujourd’hui, les médecins généralistes rentrent rarement dans les foyers, limitant ainsi la possibilité de conseiller la personne, de l’accompagner dans une réflexion sur son mode de vie et ses comportements.

Les têtes de lits équipées de radio réveils et d’éclairages intégrés empêchent l’organisme de se régénérer au cours de la nuit et contribuent à l’apparition de pathologies. Il serait donc important que les médecins puissent communiquer sur ces sujets pour faciliter une prise de conscience chez leurs patients.

De même, il serait utile de préciser aux patients que l’utilisation intensive du téléphone portable provoque un échauffement cérébral qui se traduit par des céphalées ou des nausées. Le médecin informé sur ces risques pourrait éviter de mener des investigations inopportunes. Seul ses conseils ou recommandations peuvent convaincre l’usager des risques liés à l’usage abusif des technologies sans fil.

Par ailleurs, chacun peut accéder à l’information grâce à internet, des magazines en ligne pour se documenter et prendre en charge sa santé.

En tant que médecin généraliste, lors de ses visites à domicile, Joseph Guttieres prend le temps par l’échange verbal et l’observation de comprendre l’état de santé globale du patient. En suivant la formule EPO (Environnement, Personne, Organe) le médecin peut aider la personne à avoir une approche responsable de sa santé afin de changer ses habitudes. Il pourra ensuite adresser cette personne vers d’autres praticiens spécialisés.

Cette prise de conscience et cette responsabilisation de l’individu visent des actions d’éducation à la santé identiques à celles proposées par le réseau de Ressources Plurielles. Au cours du parcours de soin, le patient rencontre différents praticiens qui lui permettent d’aborder sa problématique de santé au niveau physique, psycho-emotionnel et énergétique. Le changement de dimension et de praticien lui permet de comprendre de quelle façon elle dysfonctionne et comment elle participe à l’altération de son niveau de santé.

Dans la santé publique l’éducation à la santé se limite trop souvent aux campagnes de dépistage et aux vaccinations. Dans une démarche globale, l’association Ressources Plurielles va régulièrement dans des lieux de vie pour animer des cafés santé, les praticiens parlent des médecines non conventionnelles et intègrent à la fois la notion de prévention et d’éducation à la santé. Parallèlement des ateliers pratiques sont organisés pour expérimenter les techniques des médecines non conventionnelles et trouver des solutions adaptées à leurs besoins.

C’est par la prise de conscience, par le changement de nos habitudes et comportements que le changement s’effectue afin que chacun devienne responsable de sa santé. Cette prise de conscience permet d’influencer de façon positive son environnement.

Anne-Marie Hautant parle de devoir d’engagement citoyen pour un éveil des consciences.

Elle invite le public à faire partie intégrante et active de cette dynamique de responsabilisation parce ce que nous ne défendons pas des intérêts personnels, mais le bien de la collectivité. Les politiques locales se veulent des canalisateurs de ce processus de changement.

William Sureinck cite Pierre Rabbi et le concept d’insurrection de conscience. Il serait utile d’envisager des comités citoyens au niveau local sur le modèle des colibris sur le thème de la santé. Une réaction qui influencerait les décideurs publics en présence d’interlocuteurs préparés et compétents avec des revendications claires.

Cet engagement citoyen est porté par les individus, soutenu par des acteurs de la santé publique et canalisé par les politiciens.

Denis Cani administrateur bénévole de la Mutuelle de France Plus et militant avant tout reconnaît l’existence d’un cadre légal européen qui autorise le libre choix thérapeutique. S’il y a donc reconnaissance de ce cadre, la mutualité se doit de rembourser les médecines non conventionnelles. Cela est déjà pratiqué au sein de la Mutuelle France Plus, forte de la volonté citoyenne grandissante, elle se doit de trouver des solutions pour que les approches soient de plus en plus accessibles.

Le système de la sécurité sociale demande à être réformé. Les médecines non conventionnelles apportent une réponse grâce à l’attention qu’elles portent à la responsabilisation, à l’hygiène de vie et à la prévention qui permettraient à la collectivité de diminuer les dépenses.

Leur intégration dans les centres mutualistes permettrait d’informer, d’accompagner le public bénéficiaire vers cette prise de conscience nécessaire à la reconnaissance des médecines non conventionnelles et de la complémentarité avec la médecine conventionnelle.