LE CHOCOLAT – un ami pour la santé

Le chocolat et son action bénéfique sur la santé

A travers l’histoire, on a attribué au chocolat des propriétés magiques. La présence de certaines substances actives contenues dans le cacao et le chocolat expliquerait son impact bénéfique et l’action psychoactive sur la santé 

Un outil de socialisation

Cacao et chocolat ont joué un rôle important dans l’histoire et dans la socialisation humaine, avec la formation de réseaux complexes de contacts, de collaborations commerciales, mais aussi culturelles, qui ont permis la création, dans l’espace et dans le temps, d’un patrimoine de valeurs partagées impliquant des milliards d’individus.

Le résultat est une diffusion planétaire du chocolat et de ses dérivés, dont le marché progresse et se diversifie chaque année. La valeur chocolat s’inscrit en grande partie dans la relation symbolique qui a toujours existé entre les hommes et ce produit unique et prodigieux.

Par ces valeurs symboliques, par la création de relations nouvelles, par les effets sur la santé mentale et somatique, par le partage et l’acceptation du plaisir, ces substances d’origine symboliquement divine nous renvoient au concept de sexualité.

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Le chocolat historique

Selon la religion Maya, le cacao a des origines divines. Les témoignages des préparations culinaires et rituelles de Theobroma cacao se retrouvent tout au long de l’Histoire avec des héritages provenant même de l’Archéologie préclassique.

Une boisson chocolatée non alcoolisée, issue du cacao, a été inventée par certains peuples méso-américains (parmi lesquels les Aztèques et les Mayas) et utilisée probablement à des fins thérapeutiques ou rituelles.

D’autre part, au sein de la civilisation précolombienne, le chocolat était considéré comme un produit de luxe et les fèves de cacao étaient utilisées comme monnaie d’échange.

Avec le cacao, on payait les impôts et on pouvait même acheter des esclaves. Les Mayas fabriquaient le Xocoatl, une boisson chaude, sans sucre, amère, mousseuse, aromatisée avec une variété d’épices locales qui incluait probablement rocou, vanille, maïs et piments. Cette boisson fut adoptée aussi par les Aztèques qui l’utilisaient contre la fatigue (ils avaient probablement été capables d’observer l’effet de la théobromine) et l’associèrent à Xochiquetzal, déesse de la fertilité.

Ce sont les premiers explorateurs espagnols qui amenèrent en 1520 le chocolat en Europe. Avec l’adjonction de vanille et de sucre, le chocolat était réservé aux riches, à la noblesse et aux occasions spéciales, et ce fut seulement plus tardivement que sa diffusion s’étendit à toutes les couches sociales.

Chocolat et médecine

Le chocolat est plus qu’une boisson ou une préparation, il est plus que la somme d’intéressantes substances phytochimiques. Le chocolat a joué un rôle important dans l’art médical. Il a été prescrit et conseillé pour une série extraordinairement large de maladies et affections :

  • système cardio vasculaire
    • renforcement et vivification du cœur
    • douleurs cardiaques
    • palpitation
    • anémie et production du sang
    • fatigue et longévité
    • prise pondérale
    • fortification du corps, retour de la vigueur, nourrit, répare
  • fonction sexuelle et reproductive
    • aphrodisiaque
    • appétit sexuel et désir
    • troubles menstruels
    • renforcements utérins
    • stimulation de la production de lait
    • augmentation de la probabilité de conception

Entre le XVI et le XX siècle plus de 100 indications thérapeutiques du cacao et du chocolat étaient répertoriées. A travers l’histoire, parmi toutes les répercussions positives du chocolat sur la santé, trois effets ont été mis clairement en évidence par la médecine.

En premier lieu, la prise pondérale. Ainsi, le chocolat était prescrit pour son effet reconstituant.

Deuxièmement, a été relevé l’effet énergisant du chocolat, qui était prescrit comme stimulant et psychostimulant. Il était alors utilisé pour stimuler le système nerveux central, pour combattre la lassitude et l’apathie (probablement donné aux patients souffrant de dépression, sans connaître cette entité clinique). Paradoxalement, il a été aussi prescrit comme calmant pour les patients agités et souffrant d’une hyperactivité, par son effet réputé tranquillisant.

En troisième lieu, le chocolat servait à favoriser la digestion et les fonctions d’«élimination». On le prescrivait ainsi pour favoriser le transit intestinal et la diurèse tout comme pour soigner les hémorroïdes.

Par ailleurs, il a été utilisé aussi comme excipient pour rendre plus agréable la saveur d’autres préparations pharmaceutiques.

D’autres indications thérapeutiques typiques du chocolat ont été l’anémie, la fatigue, la production réduite de lait maternel, la tuberculose, la fièvre, la goutte, les calculs rénaux, l’irritation de la peau, les morsures de serpent, la baisse de libido et de «virilité».

Chocolat et santé

L’impact de la consommation de chocolat sur la santé a été soutenu par une large série d’études spécifiques sur cet intrigant sujet. Les bases théoriques s’inscrivent dans l’effet de certaines substances spécifiques contenues dans le chocolat qui pourraient avoir un effet bénéfique sur la santé.

C’est le cas par exemple des flavonoïdes qui jouent un rôle cardio-protecteur.

Le cacao et le chocolat contiennent plusieurs autres substances actives comme des méthylxantines, des amines biogéniques et des acides gras agonistes des récepteurs cannabinoïdes.

Ces substances ont une activité psychopharmacologique, jouent un rôle dans les réponses psychologiques et dans le comportement, et peuvent avoir aussi un effet addictif.

De plus, le chocolat, comme d’autres substances goûteuses, provoque la libération d’endorphines avec un effet positif sur l’humeur.

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Consommation de chocolat et dépression

Malgré la large diffusion de l’idée de l’effet positif du chocolat sur les symptômes dépressifs, nombre d’études scientifiques actuelles ont un regard sceptique sur cet effet psychotrope.

Une étude américaine portant sur 1018 patients (694 hommes et 324 femmes), sans diabète ni maladie cardio-vasculaire, a montré que les personnes qui consommaient plus de chocolat avaient des scores de dépression plus élevés (sans pourtant déterminer une causalité).

La consommation compulsive de chocolat serait aussi liée à des caractéristiques de la personnalité. Certains individus, hommes et femmes, exprimeraient par une consommation compulsive du chocolat une dysrégulation émotionnelle ou la difficulté à contrôler leur réponse émotionnelle face au stress.

La consommation compulsive de chocolat pourrait être corrélée à l’intensité des symptômes dépressifs et à la détresse psychologique.

Des observations scientifiques plus anciennes ont montré une corrélation entre consommation d’hydrates de carbone et l’humeur. Une augmentation de la consommation de chocolat augmenterait les taux plasmatiques de tryptophane, la synthèse de sérotonine et le tonus sérotoninergique.

Le chocolat augmenterait aussi la sécrétion d’endorphines avec un effet positif sur l’humeur. Mis à part cet effet récompense et compensation du chocolat, son taux (moyennement élevé) en caféine peut se traduire par un effet stimulant sur le système nerveux central, avec réduction de la somnolence et amélioration des performances attentionnelles. Il n’est pas exclu que ces effets psychotropes soient recherchés par certaines personnes dans un but d’automédication.

Consommation de chocolat et système cardio-vasculaire

Le chocolat contient des flavonoïdes (spécialement des catéchines), appartenant à la famille des phénols, qui ont un puissant effet anti-inflammatoire et antioxydant avec une action sur le système cardio-vasculaire et la pression artérielle.

Par exemple, selon une étude, la consommation quotidienne de chocolat noir pendant une période de seulement quatorze jours, serait associée à une diminution de la pression artérielle systolique de 5,1 mmHg (p < 0,001) et diastolique de 1,8 mmHg.

D’autres études ont montré que la consommation de cacao augmente la dilatation de l’artère brachiale, inhibe l’activation et la fonction plaquettaire, régule la production d’oxyde nitrique (NO) et aurait eu des effets bénéfiques sur la mortalité cardio-vasculaire.

La diminution de Maladie coronarienne serait ainsi le résultat d’une combinaison de facteurs comme l’amélioration du status antioxydant, l’effet antiplaquettaire, le changement de la biochimie du cholestérol, l’amélioration de la vasodilatation et la diminution de la pression artérielle (tableau 3). De plus, le cacao augmenterait le flux sanguin cérébral, ce qui pourrait diminuer le risque d’AVC et de démence.2

Certains modèles permettent de prédire qu’une dépense de 40 € par personne par année pour du cacao/chocolat noir (avec une teneur en polyphénols de 500-1000 mg) pourrait être une stratégie de prévention primaire efficace et rentable pour les personnes avec des multiples facteurs de risque cardio-vasculaire.

Les effets potentiellement bénéfiques du cacao ne permettent pourtant pas une augmentation aveugle de la consommation du chocolat. Il est nécessaire de connaître la provenance et la composition détaillée des produits à base de cacao. Dans le but d’atténuer le goût très amer des flavonoïdes, la production de chocolat subit des traitements agressifs avec une adultération par d’autres substances (agents de sapidité) potentiellement nocives pour la santé. Ce traitement rend le chocolat sans doute plus savoureux et consommable, mais en même temps, plus pauvre en antioxydants et potentiellement délétère en raison des substances ajoutées.2

Consommation de chocolat et fonction sexuelle

Historiquement, le chocolat a été considéré comme un aphrodisiaque avec des effets sur la fonction, le désir et le plaisir sexuels. On manque néanmoins d’études contrôlées concernant la relation entre fonction sexuelle et consommation de chocolat.

La fonction sexuelle est un phénomène psycho-neurovasculaire complexe, néanmoins le chocolat aurait un impact potentiel physiologique et psychobiologique, qui pourrait se traduire par des effets psychologiques, cognitifs, comportementaux, mais aussi vasculaires qui pourraient jouer un rôle dans la fonction sexuelle.

Du point de vue psychobiologique, des substances psychoactives contenues dans le chocolat, comme la théobromine (une méthylxanthine dont le nom signifie «nourriture des dieux») et des N-acyléthanolamines, pourraient être directement impliquées dans la fonction sexuelle.

Des études récentes en neuro-imagerie ont montré que, lors de la consommation de chocolat, il y a une activation des aires cérébrales qui ont un overlap frappant avec des aires activées lors de la consommation de cocaïne, comme la région sub-calleuse, le putamen, le thalamus, l’hippocampus, l’insula et l’aire tegmentale ventrale.

De manière intéressante, l’activation concerne aussi des structures cérébrales et corticales impliquées dans le désir sexuel et dans les relations interpersonnelles proches, comme par exemple l’insula et l’aire tegmentale ventrale.

Par ailleurs, l’exposition au parfum de chocolat produirait des modifications électriques cérébrales avec une réduction significative de l’activité thêta à l’EEG. Cette réduction d’activité thêta produit typiquement une baisse attentionnelle et de la vigilance avec un état de relaxation. Un ensemble d’effets utiles dans le déroulement du comportement sexuel.

Du point de vue vasculaire, le chocolat contient des substances vasoactives qui, singulièrement, sont impliquées dans la réponse sexuelle neurovasculaire. Une étude de la Harvard Medical School a montré que chez les sujets sains, la consommation de cacao, riche en flavonoïdes, active et joue un rôle dans la vasocongestion et dans la réponse excitatoire génitale chez l’homme et chez la femme.

En résumé

  • L’impact de la consommation de chocolat sur la santé a été soutenu par une large série d’études et s’inscrit dans l’effet de certaines substances actives contenues dans le chocolat qui pourraient avoir un effet bénéfique sur la santé
  • Cacao et chocolat contiennent des méthylxantines, des amines biogéniques et des acides gras agonistes des récepteurs cannabinoïdes. Ces substances ont une activité psychopharmacologique, jouent un rôle dans les réponses psychologiques et dans le comportement
  • Cacao et chocolat contiennent des flavonoïdes qui réduisent la pression artérielle, inhibent la fonction plaquettaire, régulent la production d’oxyde nitrique, diminuant les infarctus du myocarde, les AVC et plus globalement la mortalité cardio-vasculaire
  • L’action des substances actives contenues dans le chocolat pourrait s’accompagner d’effets positifs directs et indirects sur la fonction et la santé sexuelles. Des études contrôlées sont toutefois encore nécessaires pour confirmer ces hypothèses et élaborer des recommandations détaillées
par Maurice COHEN – Bio énergéticien