Mal de dos : le poids de nos émotions…

 

Notre dos soutient et supporte notre vie

 

Nous sommes plus souvent dans notre tête que dans notre corps, alors que c’est par notre corps que nous percevons et grâce à lui que nous agissons. Après notre mort, notre corps continue à exister à travers sa matérialité la plus solide et la plus dure : le squelette qui est notre charpente.

Notre corps porte la mémoire de tous nos vécus : peines, deuils, ruptures, abandons, pressions familiales, sociales ou morales y laissent leurs empreintes. Derrière nos raideurs et nos contractures se cache presque toujours cette souffrance passée. Les muscles de nos yeux, de nos mâchoires, de notre diaphragme, de nos jambes, de nos pieds ont réagi à tous les événements de notre vie, même ceux que nous avons oubliés.

Au fil du temps, nos émotions prennent le contrôle de notre corps (niveau physique, mental, et énergétique). Plus simplement, l’émotion est un phénomène énergétique, une vibration ou  une onde de forme qui véhicule une information liée à nos organes. Si cette énergie circule librement en nous (à tous les niveaux) sans trouver d’obstacles, elle va diffuser son message, donc faciliter le changement pour être ensuite recyclée  par l’organisme.

Si elle rencontre des obstacles qui l’empêche de circuler, l’information qu’elle contient va être bloquée et provoquer « un nœud ». Ce phénomène mémorisé par le corps se traduit par des tensions telles que contractions musculaires qui vont agir sur le squelette et provoquer cervicalgies, dorsalgies, lombalgies…

Notre corps étant le véhicule qui transporte notre esprit/âme, c’est lui qui sera le siège d’expression de la somatisation.

Beaucoup de personnes considèrent la somatisation comme un phénomène de déséquilibre mental, alors qu’il concerne tout ce que nous vivons : tout notre vécu est somatisé étant donné que c’est par notre corps que nous réagissons et sentons.

 

Pourquoi les émotions font peur ?

C’est à la fin du 19ème siècle que le corps médical a commencé à considérer les émotions comme un désordre incontrôlable, un phénomène hystérique imputé aux femmes qu’il fallait impérativement réguler.

En dehors des approches humanistes nées dans les années 40 (gestalt, thérapie rogérienne, psychologie transpersonnelle…) qui considèrent les émotions comme un phénomène naturel du potentiel humain, la psychologie clinique, la psychanalyse ou la psychiatrie proposent des méthodes de régulation des émotions (gestion des émotions : gestion terme financier signifiant contrôler, diriger).

L’art de soigner est fortement influencé par la pensée cartésienne qui associe la pensée à l’esprit qui est dissocié du corps. Cela crée une grande confusion concernant la somatisation.

Face aux émotions générées par notre mode de vie, le système de défense est presque toujours le même : les muscles se contractent et se rigidifient pour anesthésier les émotions, les sentiments, assurant une protection nécessaire et efficace. Cependant, à la différence des animaux (qui ont le même système de défense) une fois le danger passé, les êtres humains ont du mal à relâcher la contracture.

Ainsi nous anticipons : ce qui nous est arrivé une fois peut se reproduire, mieux vaut ne pas baisser la garde. C’est ainsi que la rigidité s’installe de plus en plus profondément dans les couches.

 

La colonne vertébrale

Notre squelette et ses os représentent notre structure, notre architecture intérieure. Nos os composent ce qu’il y a plus dure, de plus rigide en nous, de plus profond aussi et autour desquels tout est construit.

La colonne vertébrale symbolise le support flexible de la vie,  donc notre maintien, la protection et le soutien. Elle est la pièce maîtresse de la charpente, le lien entre la tête et le tronc. C’est pourquoi à chaque fois que nous souffrons dans nos vertèbres, nous souffrons dans nos croyances de vie car c’est notre structure qui est remise en question.

En général :

Le dos représente le soutien et le support de la vie.

Nos expressions expriment l’importance de son rôle :

  • « tourner le dos » car on se sent impuissant par rapport à une personne ou à une situation
  • en avoir « plein le dos », le dos n’en peut plus et les malaises surgissent, on ne supporte plus
  • avoir quelqu’un « sur le dos » qui nous empêche d’avancer et oblige à courber l’échine…

Pour se sauver d’une situation, pour éviter de résoudre un problème nous les plaçons derrière nous sur le dos, dans ce sac où nous mettons tout ce qui nous dérange, que nous voulons ignorer, ne désirons pas voir ou laisser voir aux autres. Ainsi, nous jouons à l’autruche : « si je ne le vois pas, ça n’existe pas ».

Nous y mettons également nos rêves, nos désirs que nous croyons ne plus pouvoir réaliser, nous y cachons aussi nos souffrances nées des émotions bloquées que nous avons vécues comme « un coup de poignard dans le dos ».

Au fil du temps, le sac devient de plus en plus lourd de tout ce que nous y mettons. Son poids est celui de l’amour que nous refusons de nous accorder, de la bienveillance, de l’attention et de la considération que nous recherchons désespérément à l’extérieur de nous.

Et pour continuer à avancer en supportant son poids, nous nous rigidifions. Nous adoptons des postures qui nous sécurisent dans ce que nous vivons intérieurement.

  • Raidir le dos pour se montrer se fort, pour exprimer son pouvoir, pour faire face envers et contre tout/tous…
  • Courber le dos pour se soumettre, par peur de s’affirmer ou par croyance d’être une victime de la vie…

 

Maux liés aux cervicales

Les 7 vertèbres cervicales se rapportent à la communication (surtout par la parole) et à notre  degré d’ouverture par rapport à la vie.

La peur d’être jugé, critiqué, blessé ou rejeté va nous conduire à ne pas exprimer notre désaccord, nos opinions, à exprimer nos limites.  Alors des tensions musculaires s’installent pour empêcher les cervicales de bouger, de regarder le sac porté sur notre dos. 

 

Maux liés aux dorsales

Les malaises au milieu du dos sont le signe d’une relation difficile avec la vie et les situations de son existence.

Cette région du dos correspond également au mouvement de la respiration, le souffle de la vie et l’extériorisation de l’énergie vitale qui circule en nous.

La culpabilité, une faible confiance en soi reliées au sentiment de porter sur soi le poids de sa vie peut donner l’impression d’avoir toujours quelqu’un sur le dos, d’être seul à supporter des responsabilités et de tout faire. Les besoins des autres passent avant les siens.

Cette partie du dos correspond à la région qui abrite les organes vitaux :

  • le cœur qui régule les émotions
  • les poumons qui gouvernent le mouvement d’intériorisation
  • la rate qui gouverne la réflexion  
  • le foie-vésicule biliaire qui gouverne le mouvement d’extériorisation

Agir sur les tensions musculaires permet d’éliminer la colère et ses dérivées (frustration, culpabilité, etc…) afin de retrouver la souplesse du dos.

 

Maux liés aux lombaires

Les reins gouvernent la volonté de survie (siège de l’énergie vitale). Cette région symbolise la sécurité, l’assurance et la confiance en la vie. Des douleurs à cette région dénotent la présence d’insécurités matérielles (travail, argent, biens…) et de besoins affectifs non exprimés et/ou satisfaits.

Ces douleurs à ce niveau apparaissent souvent à la suite d’un choc émotionnel liée à une perte (perte d’emploi, départ à la retraite, déménagement…), une séparation (divorce, fin d’une relation amoureuse, départ d’un enfant du foyer familial…) ou des peurs subjectives liées à des évènements futurs.

L’appui du sac à dos est important au niveau des lombaires, la peur de lâcher entraine plus de rigidité (de contractures), la respiration remonte au niveau du thorax. La peur augmente d’autant plus que la mauvaise oxygénation du cerveau entretient la confusion mentale. 

Cela exagère le sentiment d’impuissance, la difficulté à faire face aux changements et à la nouveauté qui se présentent.

 

Maux liés au sacrum

Les déviations de la colonne vertébrale (scoliose) naissent habituellement à ce niveau et entraînent avec elles des maux de dos. Les symptômes qui affectent le sacrum seront le signe du stress généré par les angoisses, les peurs et d’une tendance dépressive.

La personne veut avancer dans la vie mais elle s’accroche à son passé ou aux choses ou aux personnes qui lui sont familières et qui lui procurent un sentiment fictif de stabilité, de contrôle et de protection.

Quant au coccyx, il est relié aux besoins de base (sexualité, nourriture, protection, abri, amour, etc.) qui apportent une certaine stabilité.

Le sacrum et l’intestin qui lui est attaché est un centre de réception, d’équilibrage et de répartition des forces mécaniques et énergétiques. Fréquemment en lésion, son traitement est trop souvent négligé et les fonctions de centre mécanique, énergétique, physiologique, psychologique, sexuel et émotionnel qu’il représente sont souvent ignorées.

L’intestin, en médecine chinoise, prend tout son sens en tant que siège des émotions, car il reçoit l’ensemble de ce qui  a été traité par l’organisme, et d’une manière holistique, l’énergie de la matière qu’il transforme ou détruit.

 

Quelles solutions préventives au mal de dos ? 

La respiration : permet de dénouer les tensions et surtout de reprendre conscience de sa matérialité.

Le diaphragme est le principal muscle de la respiration : la ventilation pulmonaire . Il est attaché à la paroi abdominale, aux vertèbres lombaires, aux dernières côtes, au sternum et au péricarde du coeur par un tissu tendineux et sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale. Il s’appuie sur 3 piliers : la colonne vertébrale, les côtes et le sternum.

Le nerf phrénique rattaché à la 3ème et la 5ème cervicale innerve le diaphragme et entraîne les principaux mouvements de la respiration. Par son entremise, le mouvement du diaphragme lors de la respiration abdominale (dite diaphragmatique) mobilise la région cervicale.

Les approches psycho-corporelles telles que la sophrologie, méthode Vittoz, Simonton… permettent la rencontre avec son corps pour mieux  l’habiter et retrouver ainsi les clés de sa maison (…)

Apprendre à se connaître et apprivoiser ses émotions :

  • décoder leurs messages
  • respecter ses besoins
  • accepter son vécu et faire son deuil du passé…

Et surtout, cultiver l’énergie du cœur, ouvrir ses bras à la Vie, aimer tout simplement : car aimer c’est se délivrer de la peur.

 

 

par Samia Abdelmoumen (Sophrologue, praticienne EFT – auteure et conférencière)