Qi Gong

Le Qi Gong, c’est l’art du mouvement

Cet art millénaire des chinois stimule la circulation de l’énergie, du sang, des liquides organiques, l’élasticité des tendons, la multiplicité des échanges métaboliques, la vitalité des organes, mais aussi le mouvement des émotions, la souplesse de la pensée et l’ouverture du coeur.

Cette pratique aide à ressentir le corps fort différent de la représentation que nous en donne la médecine occidentale qui le réduit à son aspect anatomique, dissécable, dont les rouages internes sont objectivement observables par les moyens technologiques dont elle dispose.

Le Qi Gong nous propose d’habiter de l’intérieur un corps vaste, où le souffle circule, la perception sensorielle s’étend alors au-delà du corps physique. Les contours de ce corps d’énergie sont continuellement en mouvement, et on ne peut le saisir qu’à travers l’intuition que donne le ressenti, sans pour autant pouvoir prétendre en avoir une compréhension objective et finie.

Ce corps est vivant, animé, en interaction avec les formes tangibles perçues par la réalité ordinaire de nos 5 sens, mais il perçoit aussi l’invisible, l’intangible, l’énergie subtile qui anime l’univers.


Le Qi Gong nous remet en mouvement 

Le Qi Gong, c’est l’art du mouvement. Cette pratique nous aide à déloger l’énergie encapsulée dans notre corps et à la remettre en mouvement. Nous apprenons à laisser circuler tous ces souffles en nous, à les laisser aller et venir, sans les bloquer, tandis qu’une partie de nous reste calme et tranquille et ne pose aucun jugement. À l’aide d’étirements doux et conscients, de la respiration et d’une présence totale à l’instant, nous libérons le Qi (Chi) enfermé dans notre carapace musculaire et énergétique. Nous apprenons à tourner nos sens vers l’intérieur, vers l’infinie subtilité du ressenti, vers des couches de plus en plus profondes de conscience.

L’émotion est une réaction énergétique qui, comme tout mouvement du Qi, a une impulsion de départ et une trajectoire qui aboutit à l’épuisement du mouvement initial. Cette impulsion reste souvent figée dans nos cellules, car son intensité n’a pu être accueillie au moment de l’impact. Mais le mouvement, bloqué, garde sa puissance, nous empêchant de vider le passé de son impact traumatique. Cela colore alors la perception du présent et prend le futur en otage.

La liberté des souffles permet à la pensée d’être fluide, ouverte, dans une représentation du monde sans cesse en mouvement. Cette fluidité nous permet de nous adapter à chaque instant aux évènements de notre vie, et aux résurgence du passé qu’ils déclenchent.

Cette pratique régulière modifie peu à peu la conscience et la matière même de notre corps : une partie de notre inconscient émerge et nous devenons sensible à une réalité supra consciente, au-delà de la réalité ordinaire.

La conscience de soi

L’attitude d’écoute intérieure développée pendant la pratique de Qi Gong va pouvoir graduellement s’installer dans le restant de notre vie. Cette présence à soi et à l’univers dans la vie quotidienne va donner un sens et une direction plus clairs à notre vie. Nos contradictions intérieures vont pouvoir se résoudre en une tension génératrice d’élan vital.

Le Qi Gong nous aide à rester en contact avec nos deux natures. Lorsque nous ne nous identifions pas en totalité à notre réalité quotidienne, et que nous restons en contact avec un espace d’être plus vaste, la question du sens profond de notre vie ne se pose plus : il se vit. Et lorsque l’articulation entre ces deux composantes de notre être perd de sa fluidité, nous souffrons. L’énergie cesse de circuler librement. Nous ne pouvons plus créer du sens avec ce qui nous arrive. Les sensations, enfermées dans le corps physique deviennent des symptômes. Les images qui nous permettent de nous représenter notre réalité intérieure et le monde qui nous entoure se figent. Et les paroles qui nous viennent sont pauvres et répétitives : plaintives ou remplies de bonnes intentions qui ne trouvent jamais à s’incarner.

Les impasses de l’énergie créent la souffrance et la maladie

La nature de l’énergie est de circuler. « Ça » veut vivre en nous. Continuellement, venant de l’intérieur, la puissance de la vie, celle qui habite la nature au printemps, pousse pour se déployer. Elle se déploie parfois avec liberté, et créativité. Mais elle se heurte aussi à nos rigidités mentales, nos défenses psychiques et nos refoulements émotionnels. La plupart du temps sans en avoir conscience, nous dépensons une énergie incroyable à retenir cette vitalité, faute de savoir comment l’accueillir.

L’écoute intérieure et la pratique du Qi Gong desserrent les fibres du quotidien, offrant ainsi un espace pour accueillir autre chose. Il ne s’agit pas de trouver la cause de notre souffrance, mais de faire de la place à ce que nous ne pouvons pas saisir par notre mental.

L’écoute intérieure sans impatience, accompagnée d’une respiration tranquille, crée un nouvel espace qui desserre l’étau qui immobilisait notre énergie. C’est peut-être la plus grande difficulté de cette pratique : faire confiance. Ne pas vouloir saisir ou favoriser les sensations agréables. Ne pas juger ni bloquer les réactions désagréables. Ne pas chercher à comprendre, à analyser. Juste accueillir tout ce qui apparaît. Cette ouverture de la conscience offre alors un contenant aux « embouteillages » du souffle. Plus il y a de présence et d’écoute à ce qui apparaît dans un corps détendu, plus l’espace offert par la conscience permet aux mouvements du souffle de retrouver leur circulation harmonieuse.

Le Qi Gong est une des voies d’accès pour libérer le corps physique, le corps émotionnel et le corps mental. Il nous permet de rétablir une libre circulation entre ces trois corps et de les mettre sous la direction de ce qu’il y a de plus essentiel en nous.

Le Qi pour guérir des malades

Dans son application médicale, le Qi Gong est de deux natures : il y a celui que l’on pratique soi-même sous forme d’exercices (Qi Gong Yang Sheng) et celui qui peut être appliqué sur un malade par un praticien (Qi Gong Waiqi). Dans ce cas, un maître ayant atteint une très grande expertise pourrait non seulement émettre du Qi, mais l’orienter spécifiquement sur un organe malade. Des récits rapportent que de telles personnes peuvent anesthésier des patients pour une chirurgie, réparer des blessures et même soigner un cancer.

Des chercheurs ont d’ailleurs mesuré un champ magnétique jusqu’à 1 000 fois supérieur à la normale au bout des doigts des intervenants, au moment de l’émission du Qi. Dans une étude publiée en 2004, les auteurs mentionnent que même s’il y a encore des gens qui nient la possibilité que du « Qi » puisse être émis par un humain, la plupart des scientifiques impliqués dans ce domaine considèrent qu’il s’agit désormais bel et bien d’une réalité. Selon eux, il est clair que des gens expérimentés peuvent émettre une forme de bioénergie (qu’on peut appeler Qi) produisant des effets physiques, chimiques et biologiques mesurables. Par exemple, dans une étude en laboratoire effectuée en 2009, des praticiens ont projeté du Qi sur des cultures de bactéries. Ils ont faut augmenter ou diminuer, selon leur intention, la croissance des bactéries comparativement aux échantillons témoins.

De plus en plus de chercheurs tentent de percer de manière scientifique les mystères du Qi. Certains ont constaté qu’il pourrait être perçu par des gens entraînés, jusqu’à 100 m de distance. Ils ont même suggéré quelle pourrait être la longueur d’onde d’un « faisceau » de Qi.