Timidité : Oser bousculer une manière d’agir

 

Quand elle nous tient…

“Je n’ose pas…J’ai très envie mais…Je n’y arriverai pas…Cela ne se fait pas, qu’est ce qu’ils vont penser? Qu’est-ce qu’ils vont dire?”

”J’ai les mains moites, la gorge serrée, l’estomac noué, le cœur qui s’emballe, les joues qui rosissent, les jambes qui tremblent…”

“Je voudrais prendre la parole mais rien ne sort…Je bafouille, je bégaie…”

“Je savais mais j’ai tout oublié… Mes gestes  sont maladroits, ma voix chevrotante, ma bouche sèche…Je perds tous mes moyens…Je voudrais être ailleurs…”

“J’entends une petite voix qui me dit: ne fais pas ça, c’est dangereux. J’ai des difficultés à partager mes convictions, à prendre des initiatives…”

“Pour cacher ma timidité, je peux devenir agressive…”

“Je suis timide et j’en souffre terriblement. “     

Le petit Robert définit la timidité comme une gêne, une gaucherie se traduisant par un manque d’aisance et d’assurance. Etre timide c’est avoir peur des autres  et en particulier des personnes qui, pour une raison ou pour une autre, représentent une menace émotionnelle.

Il existe selon Jérôme Kagan, éminent spécialiste de psychologie de l’enfant, au moins quatre type de tempéraments de base: timide, hardi, optimiste et mélancolique. Le tempérament est inné, il fait partie du patrimoine génétique. Les enfants timides semblent être dotés à la naissance de circuits neuronaux qui les rendent sensibles au stress le plus léger. Mais tous les enfants craintifs ne deviennent pas des grands timides en grandissant. C’est l’expérience émotionnelle de l’enfant qui est le facteur déterminant. Pour l’enfant timide, c’est la façon dont ses parents le traitent et donc la manière dont il apprend à maitriser son appréhension, qui importe le plus au départ.

L’enfant pour grandir et s’épanouir a deux besoins essentiels: faire confiance à son entourage et se sentir en sécurité. L’environnement familial dans lequel un enfant évolue exerce une influence sur le développement de sa timidité. Plusieurs attitudes parentales, conscientes ou non, peuvent favoriser la perte de confiance en soi.

  • Des parents surprotecteurs, fortement anxieux. L’enfant intériorise leur peur et tout devient dangereux, menaçant pour lui.
  • Des parents qui dévalorisent ou survalorisent leur enfant. Dans un cas comme dans l’autre, l’enfant n’a pas conscience de ses réelles capacités.
  • Des parents trop autoritaires qui fixent de fortes exigences. L’enfant, désireux d’être aimé, veut y répondre mais peut ne pas se sentir à la hauteur.
  • Des parents qui projettent leur rêve sur leur enfant, là où eux ont échoué. Animés par leur propre rêve, ils peuvent être déçus par leur progéniture et par conséquent avoir du mal à l’accepter telle qu’elle est, différente d’eux.

Toutes ces attitudes peuvent conditionner l’enfant à ressentir de l’hésitation voire de la honte. De peur de déplaire, d’être rejeté, d’être jugé, d’être considéré comme “pas bon”, l’enfant aura tendance à rester silencieux, à se tenir en retrait, à s’effacer. Cette timidité pourra se poursuivre plus tard à l’adolescence, période de grande fragilité et d’anxiété, puis à l’âge adulte.

Certains évènements peuvent aussi fragiliser et laisser des traces : une humiliation subie en présence d’autres personnes, une remarque blessante, des moqueries ou des critiques répétées, des éléments de comparaison, une forte pression, un traumatisme (décès d’une figure d’attachement, séparation…), un échec douloureux.

L’amygdale, structure en forme d’amande placé dans le système limbique, emmagasine tout un répertoire de souvenirs et de réactions. L’amygdale est le siège de la mémoire affective et émotionnelle. Des expressions de timidité se réactiveront dès que quelque chose de semblable à un vécu émotionnel apparaitra. Si par exemple, un enfant a été profondément blessé en classe par les moqueries de ses camarades, devenu adulte, marqué par l’expérience émotionnelle de son enfance,  il peut être “tétanisé” à l’idée de prendre la parole en public.

Une personne timide redoute l’incertitude, “les premières fois”. Avant même d’agir, elle ressent une envie de disparaitre aux yeux des autres. Elle va donc construire des stratégies qui comportent le moins de risque pour elle. Elle adoptera essentiellement une attitude d’évitement: éviter ce qu’elle ne connait pas, éviter le contact avec autrui qui est susceptible de représenter un danger. La timidité est le mélange d’un malaise intérieur et d’une maladresse extérieure en présence des autres. Le timide opte très souvent pour la sécurité de l’isolement. Par peur de se dévoiler, de s’affirmer, il dresse des barrières autour de lui destinées à dissuader les autres à s’approcher de trop près. Il préfère les envois par mss aux coups de téléphone, les rencontres par le biais d’internet au face à face… La timidité se fonde sur des fausses croyances. “Ce ne sont pas les choses en elles-mêmes qui nous font peur mais l’opinion que nous avons d’elles” Epictète ‘philosophe grec”.

Un mot clé : OSER. Oser dépasser nos limites en allant chercher des potentiels qui sont en nous et dont nous ne soupçonnons pas. Oser bousculer une manière d’agir. Puisque nous avons appris à agir d’une certaine façon pour se protéger de la timidité, nous pouvons apprendre à changer ce mode de fonctionnement comme nous le faisons pour une mauvaise habitude. 

La sophrologie peut accompagner ce changement, ce désir d’oser. Cette méthode corporelle permet, grâce à la respiration, à la relaxation dynamique, à des techniques spécifiques, de stimuler la confiance en soi, s’affirmer en identifiant, nommant ses valeurs existentielles, se détacher du jugement et se libérer des peurs. La visualisation permet de mieux appréhender une situation anxiogène, de se projeter de façon positive, de s’imaginer réussir dans cette situation à venir.

OSER c’est déjà faire un pas vers le changement.

 

Christine Massimelli (Sophrologue)

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