Chroniques de médecine traditionnelle chinoise

Dietetique chinoise automne ok

Les 5 saisons : l’automne


L’alternance du Yin et du Yang tout au long des saisons constitue la base de l’univers. Ainsi, cette alternance est essentielle, formant l’axe de notre existence et de notre mortalité. En suivant ce cycle naturel, aucune pathologie sévère ne peut apparaître. (Nei Jing Su Wen, Chapitre 1)



Conseils pratiques et alimentation


Alors que l’été indien, associé à l’élément terre, laisse place à l’automne, nous assistons à un changement de dynamique énergétique. Cette saison se situe entre le déclin de l’été, la période la plus Yang de l’année, et le début de l’hiver, la saison la plus Yin.


Cette période intermédiaire est cruciale sur le plan énergétique. Le Su Wen, texte fondamental de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), la décrit comme un moment de « palier ».


Selon la MTC, l’automne est lié à l’élément Métal, symbole d’ordre et de structure. Tout comme dans la nature, nous récoltons les fruits de notre patience, tout en acceptant la perte de nos illusions (comme la chute des feuilles, des fruits, ou des cornes des animaux), et nous recentrons notre attention sur l’essentiel.


Il s’agit donc d’une phase d’introspection, de récoltes et de préparation pour l’hiver. Cela implique de rassembler nos énergies, de calmer notre esprit, et de s’abstenir des pensées erronées afin que l’énergie pulmonaire reste pure. (Su Wen).


En ce qui concerne les êtres humains, le Métal symbolise le processus naturel de vieillissement. Il n’est pas rare d’évoquer l’automne de sa vie. De nombreuses personnes découvrent la spiritualité durant cette période, souvent sans lien avec une pratique religieuse. Cette phase évoque le lâcher-prise, la sérénité et l’intégrité.


C’est une saison parfaite pour s’organiser, mettre en ordre son chez-soi et se préparer au repos hivernal ; savoir profiter d’une période moins active pour se recharger.


Tout comme le printemps, également caractérisé par cette transition, l’automne peut être une saison difficile pour certains. La transition vers l’hiver et les jours qui raccourcissent engendrent parfois de la nostalgie, pouvant mener à des sentiments de mélancolie, dont l’émotion associée en MTC est la tristesse.


Dans la MTC, le Poumon est considéré comme « l’empereur » de l’automne, en synergie avec le gros intestin, tous deux inscrits dans le cycle du Métal. Son principal adversaire est la sécheresse.

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Le Poumon est également relié au nez, à la pilosité, à la peau. En médecine traditionnelle chinoise, il est le régulateur de l’énergie circulante, contrôlant également l’énergie vitale et la respiration. Il est responsable de la distribution des liquides organiques à travers le corps, en ayant aussi un rôle sur la peau.


Il est lié à notre instinct de survie (appelé le Po).


Déséquilibres : Les affections peuvent inclure des rhumes, des toux, l’asthme, des essoufflements, de la mélancolie et des troubles cutanés.


Quant au gros intestin, il a pour fonction de transporter et d’évacuer les déchets tout en réabsorbant l’eau résiduelle.


Symptômes : Cela peut se traduire par la constipation, des diarrhées, des douleurs abdominales, ou encore des douleurs dentaires.


D’un point de vue énergétique, l’automne marque le début du réapprovisionnement du rein en vue de l’année à venir, culminant en hiver. C’est la réserve d’énergie vitale (le Jing). On peut soutenir cette fonction par divers moyens : étirements des méridiens, exercices de volonté, exercices respiratoires (qui stimulent et renforcent les poumons), sans oublier une alimentation adéquate.



Quelques principes généraux


Il est temps de ralentir notre rythme de vie, car la période de repos approche. L’énergie en abondance diminue, il est donc sage de penser à économiser ses forces.


Augmentons progressivement notre temps de sommeil. En Chine, il est recommandé de se coucher plus tôt en automne pour se protéger du froid et des vents. Peut-être est-il également judicieux de se lever plus tôt pour profiter de l’air frais du matin, en se baladant dans les bois aux couleurs changeantes et en appréciant chaque rayon de soleil.


Enfin, nous ne devons pas oublier de nous protéger des vents : cela signifie veiller à préserver la surface et le poumon.



Sur le plan alimentaire


Il est conseillé d’éviter les aliments raffinés et très acidifiants qui peuvent conduire à une déminéralisation.


Pour purifier l’organisme et renforcer le système immunitaire, privilégions les aliments qui apportent de la vitalité et de la joie, afin d’éviter de sombrer dans la tristesse liée à cette saison. Ce n’est donc pas le moment idéal pour entamer un régime restrictif.


Le but principal est de se préparer à affronter l’hiver !


Pour la préparation des repas, privilégions des modes de cuisson en sauce ou à la vapeur douce. Il est recommandé d’allonger les temps de cuisson. C’est également le moment parfait pour consommer des produits lacto-fermentés (comme la choucroute ou les légumes marinés).

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Idéalement, le dîner pourrait consister en un potage de légumes, de céréales, ou de légumineuses.


L’automne est un temps d’abondance et de maturité. La tradition associe les saveurs piquantes et âcres, qui peuvent tonifier le poumon.


Les repas devraient être légèrement plus salés par rapport à l’été (sans excès, bien sûr !).


Par leur action dispersante et sudorifique, ces aliments favorisent la circulation de l’énergie, des liquides organiques, et du sang. Une consommation régulière d’aliments possédant cette saveur est bénéfique pour la fonction pulmonaire, optimisant ainsi les défenses immunitaires et renouant avec un métabolisme équilibré. Certains de ces aliments peuvent aider à évacuer le vent et le froid du corps (toux, bronchite, etc.).


Note : il est crucial d’adapter les principes diététiques au profil métabolique de chacun. Par exemple, en cas de « vide de Qi du poumon » ou de « vide de Yin du poumon », une surconsommation de saveurs piquantes pourrait aggraver la situation. Dans ce cas, une saveur acide pour tonifier et une saveur douce pour hydrater sont préférables.


Évitons donc les règles générales du type : à cette période, on consomme ceci ou cela…


Cependant, en général, en se concentrant sur des produits de saison et/ou des saveurs piquantes et âcres, nous pouvons citer :



  • Les légumes : Artichaut, aubergine, betterave, blette, cardon, carotte, céleri-rave et branche, citrouille, champignon, châtaigne, divers choux (crus ou cuits à l’étouffée, riches en vitamines et minéraux, anti-inflammatoires et cicatrisants), concombre, courge, cresson, doubeurre, échalote, endives, épinards, fenouil, haricots, oignon, mâche, navet (considéré comme un petit ginseng), panais, poireau, pomme de terre, raifort, radis (noir, rose, blanc), salsifis, scarole, topinambour…

  • Les fruits : Pommes, poires, raisins, airelle, argousier, châtaignes, cynorrhodon, coings, kaki, figues, mûres, pamplemousse, rhubarbe, et oléagineux…

  • Les céréales : Riz (semi-complet), maïs (pauvre en fibres, avec un index glycémique élevé), quinoa (riche en protéines et minéraux), avoine, sarrasin, sorgho…

  • Les légumineuses : Fèves, soja, pois, pois chiches, lentilles, haricots secs…

  • Les produits laitiers (avec modération) : Cancoillotte, munster, rocamadour, roquefort…

  • Produits d’origine animale : Oie, canard, faisan, cerf, pintade, chevreuil, veau, poulet, cheval, poissons semi-gras, œufs à la coque, pollen…

  • Les huiles : Lin, soja, olive…

  • Épices et condiments : Ail, aneth, anis, basilic, cardamome, ciboulette, clou de girofle, coriandre, cumin, curry, estragon, gingembre, laurier, marjolaine, menthe, moutarde, muscade, origan, sauge, sésame, pignons de pin, piment, poivre (de Cayenne, noir, rose), réglisse, romarin, thym…

  • Les sucres (avec modération) : Miel, sirop d’érable, de canne et de betterave…

  • Les tisanes : Fleurs de coquelicot, feuilles de serpolet, fleurs de mauve, sommités de bourrache, fleurs de bouillon blanc, feuilles de lierre terrestre, feuilles de guimauve, thalles de carraghen…

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Cette liste n’est pas exhaustive et peut être enrichie selon les principes énoncés précédemment.


Enfin, rappelons que rien n’est un remède « magique » : bien que certaines tendances générales puissent être observées, chaque individu possède un métabolisme et une flore intestinale uniques. Certaines croyances alimentaires peuvent freiner notre compréhension de soi.


Le meilleur apprentissage consiste donc à expérimenter, à identifier ce qui est bénéfique pour soi, et à éliminer ce qui ne l’est pas.


Les étirements des méridiens du Poumon et du Gros Intestin, par le biais d’exercices de Qi Gong ou de Tai Chi, sont également recommandés.


Nous pouvons également masser et stimuler les extrémités des canaux d’acupuncture avec un mélange d’huiles essentielles.


Parmi les huiles essentielles à envisager : cyprès, épinette noire, eucalyptus, gingembre, lavande, menthe poivrée, origan, pin sylvestre, ravintsara, tea-tree, thym…


Précautions : Éviter l’usage chez les femmes enceintes, et les enfants de moins de 7 ans, ainsi que chez les personnes avec insuffisance rénale ou hépatique.


Canal du Poumon (1)

Exemple :

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Canal du Gros Intestin (2)

Exemple :

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Pour conclure


Dans cette ère où tout s’emballe et où nous sommes souvent aveuglés par l’éphémère, il est peut-être devenu vital pour notre équilibre de réapprendre à nous tourner vers ce qui est éternel.


C’est peut-être la raison pour laquelle la tradition chinoise décrit l’être humain accompli comme un pont entre l’inaltérable et le temporaire, unissant le Ciel et la Terre.

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